Arabie saoutie filles sprots 2Au royaume du rigorisme religieux, le temps où le sport n’était pas autorisé à franchir le seuil des écoles de filles, publiques ou privées, est révolu, si l’on en juge par le bond en avant qu’un décret du ministère saoudien de l’Education, publié mardi, va lui permettre d’effectuer dès la prochaine rentrée scolaire.

Après avoir progressé dans ce sens par petits sauts depuis 2013, lorsque le Conseil de la Choura, l’Assemblée consultative de la monarchie absolue, avait chargé le ministère de l’Education d’élaborer un programme d’activités sportives pour les filles, rigoureusement conforme aux principes de la charia, l’Arabie saoudite semble faire aujourd’hui un grand pas vers la fin d’un tabou et la lente émancipation de la gent féminine.

Se projetant dans l’avenir, à l’horizon 2030, Ahmed Ben Mohamed Al-Aissa, le ministre de l’Education, se fait le fervent promoteur d’un projet visionnaire, qualifié de « révolutionnaire » par de nombreux experts, qui ambitionne en l’espace d’une décennie de former une société saoudienne « dynamique, heureuse et en pleine santé », adepte de la pratique sportive, tout en faisant la chasse aux kilos en trop…

Ou comment, grâce au sport, lutter contre l’obésité, ce véritable fléau du royaume wahhabite, qui affecte 45% des femmes, dont 73,7% d’entre elles sont inactives selon une étude réalisée en 2015, contre 26% de la population masculine.

« L’application du programme d’éducation physique aux écoles de filles sera entamée à partir de la prochaine rentrée scolaire et il sera généralisé graduellement pour toucher l’ensemble des écoles », a indiqué Ahmed Ben Mohamed Al-Aissai, en se félicitant du vent de modernité qui souffle sur le royaume saoudien, même s’il semble avoir été davantage insufflé par un problème majeur de santé publique que par une profonde évolution des mentalités au sommet de l’Etat.

Ainsi, en avril 2014, le conseil consultatif (Majliss Echourra) s’était prononcé unanimement contre une résolution préconisant l’introduction de cours d’éducation physique dans les établissements publics pour filles. Paradoxe saisissant, un assouplissement notable de l’ultra-conservatisme saoudien avait cependant permis à des athlètes féminines, ces perles rares, de concourir pour la première fois aux Jeux Olympiques de 2012 à Londres et de 2016 à Rio.

De son côté, la population saoudienne accueille avec joie l’entrée officielle de l’éducation physique et sportive dans les écoles de filles, à coup de tweets « mieux vaut tard que jamais » qui se réjouissent de cette avancée en matière de droits des femmes.

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