Abdoulay dia 2«On est tout le temps perturbé par le regard de l’autre qui n’est pas encore là au moment où nous faisons le travail»
Il a 65 ans. Il en est à son 63ième tableau d’art. Il n’a pas choisi 23 septembre 2017

par hasard pour la présentation de sa dernière œuvre triptyque de 8 mètres de longueur sur 2,5 mètres de largeur.

«Quelle humanité pour demain?
Pourquoi un thème du genre, « Quelle humanité pour demain »?
J’ai essayé de donner un certain point de vue sur une œuvre de 8 mètres de long sur 2,5 mètres de large et qui se présente sous la forme d’un triptyque. La première partie traite des accélérations du monde. Je fais surtout appel à cette ère d’accélérations simultanées. Celle du marché, de la nature et la Loi Moors. Cette Loi Moors accélère la mondialisation, le changement climatique et à coté, ce réservoir de solutions proposées par le changement climatique qui s’amplifie aussi par le fait de la Loi Moors. Tout ceci notamment change un certain nombre d’aspects. Devrais-je dire l’ensemble des aspects de notre vie contemporaine. Ce sont ces mêmes accélérations qui nous offrent des puissances vertigineuses au niveau des ordinateurs qui amplifient les puissances des logiciels et des réseaux. C’est ce qui fait aujourd’hui que nous ne pouvons plus parler de l’existence de deux mondes. Le nôtre qui était vulnérable, précaire et condamné aux revenues faibles, et l’autre riche et qui s’enrichissait au fur et à mesure de l’ouverture des frontières. Aujourd’hui, nous sommes tous vulnérables. Le terroriste touche qui il veut, quand et comment il le veut. Ça c’est du fait que de cette multiplication de toutes ces puissances vertigineuses que nous avons de l’autre coté et ces mêmes puissances, cette même science aujourd’hui nous propose des choses qui me heurtent. Et ça c’est la première partie qui traite ces accélérations.
C’est ce qui fait que la deuxième partie de l’œuvre qui s’intitule « Li mo me tiss », expression que j’ai empruntée du grand chanteur Youssou Ndour dans sa chanson « Set » qui dit « xalé ya gui dioy, mak ya léne titeulone li mo ma tiss ». Tout ce qui m’interpelle, c’est le « Li mo me tiss ». Je ne peux pas comprendre qu’une grande personnalité du monde en 2012, suggère que l’on fasse le puissage des prostituées et des immigrés. Je trouve ça inacceptable. J’ai peur que demain mes petits enfants soient amenés s’ils voulaient aller meubler leur cerveau à l’extérieur, qu’on leur suggère le puissage à la place du visa biométrie. Je suis choqué quand je voix aux Etats unis une gamine de quatre ans se lève un bon jour pour dire qu’elle veut devenir gamine et que des adultes sortent par milliers pour dire qu’il en a le droit. Où se trouve la protection de l’enfance. Je suis choqué quand certains pays valident l’inceste. Un père avec sa fille, un frère avec sa sœur. Je dis quelle humanité avons-nous. Je suis choqué quand on me parle de modification du gène humain et qu’une femme enceinte devant un écran se voit suggérer la possibilité de se faire un bébé à la carte. Je suis choqué quand des enfants dans un certains pays du monde soient là après le drapeau à se voir enseigner comment consommer l’urine humain uniquement dans le but soit disant de faire reculer la mort. Je suis aussi choqué depuis que j’ai appris que ce chirurgien italien, en relation avec des chirurgiens chinois vont tenter ce qui est inacceptable pour notre humanité. Couper la tête à un malade, couper la tête à un deuxième malade pour greffer la tête de l’un sur l’autre sous prétexte de teste. Alors que la majorité des scientifiques de la terre disent qu’ils ne peuvent pas réussir cette opération parce qu’il n’est pas possible de greffer la moelle épinière. Alors l’un dans l’autre, je me dis si nous continuons à subir, si nous ne réussissons pas à donner une dimension morale à cette science, si nous refusons de réfléchir sur un certain nombre de choses ce qui se passera un jour c’est que nous allons finir par créer un petit peu des personnages à facial homme mais qui seront des hommes sans émotion. Un retour à l’ancienne Grèce. Tout simplement, des hommes totalement asservis sans cœur et sans foi. Et j’ai le sentiment que nous y sommes presque.
La troisième partie de l’œuvre, c’est la partie de la suggestion. La suggestion du pauvre petit artiste qui vient d’arriver à une humanité de paix, une humanité de pardon et une humanité de partage. Et là, j’ai voulu emprunter à l’histoire ce qu’on voyait apparaître sur les frontons des universités musulmanes d’Espagne qui disaient que le monde était soutenu par quatre colonnes. Le savoir des sages, la piété des justes, la justice des grands et la valeur des braves. Mais parmi, ces quatre forces, il y en a qu’une qui me pose problème, c’est la justice des grands. Les grands sont ils vraiment justes aujourd’hui? C’est toute la question que je me pose. Mais que Dieu fasse que nous puissions arriver à une humanité faite totalement d’apprendre à aimer de pardon et de partage

Pourquoi ce 23 septembre 2017 pour présenter cette œuvre?
J’ai volontairement choisi ce jour du 23 septembre 2017, parce que selon certaines cultures du monde et particulièrement la culture juive, qui disent que depuis 3.000 ans c’est la première fois qu’on le vit, il y aura l’alignement des planètes. Et cet alignement des planètes selon leurs cultures annonce l’apocalypse. Je dis que cette apocalypse, on a même pas besoin l’alignement des planètes et j’ai le sentiment que nous y sommes tout droit.
Est-ce qu’il était facile de réaliser cette œuvre et combien de temps il vous a fallu pour la réussir ?
Quatre mois et demi. Il n’est jamais facile de sortir quelque chose de son cœur pour le verser en un. On est tout le temps perturbé par le regard de l’autre qui n’est pas encore là au moment où nous faisons le travail. Il y a tellement de choses que la science suggère de mauvais que je ne pouvais pas mettre dans cette œuvre. Il y a tellement de belles choses que la science suggère que je ne pouvais pas non plus mettre dans cette œuvre. Mais il y a tellement de propositions intéressantes dans ce monde, d’hommes de très grandes valeurs, d’hommes dont les voix sont beaucoup plus importantes qui tonnent beaucoup mieux que la mienne que j’aurais aimé pouvoir mettre dans cette œuvre. Je ne pouvais pas, je n’avais que cet espace j’ai mis sur huit mètres. Peut être un kilomètre de peinture ne m’aurait pas suffit pour réellement dire tout ce qui me pèse aujourd’hui.
Êtes-vous pour une participation à la Biennale de 2018?
J’avoue vraiment que jusqu’à présent, je manifestais une certaine allergie à la participation à cette Biennale. Un ami m’a convaincu pour participer à cette prochaine Biennale dans le cadre d’un « off ». J’ai dit que « momoma sa ma bopp ». Il y a peu de moi qui dépend de moi. J’ai dit que j’appartiens à une communauté, une famille, et comme un ami me l’a demandé, donc je vais participer.
Quelle technique que vous avez utilisé pour réaliser une telle œuvre?
C’est une technique mixte. Mais là, c’est extraordinaire. Parce que du point de vue de la démarche comme du point de vue technique au sens utilisation de matériaux, il y a énormément de choses. Dans l’ensemble de mes œuvres, je me suis inspiré de ce qu’on appelle la création. Vous avez l’homme, Dieu l’a créé dans le ventre de sa mère. Dieu a choisi la femme pour créer ce qu’il y a de plus cher sur cette terre: l’homme. Et la grossesse et de neuf mois. En réalité quant on parle d’exclusivité, seul Dieu sait offrir une exclusivité, mais on attend de l’artiste cette exclusivité. Ce n’est pas pour rien que l’artiste plasticien, à qui on prête le nom de «créateur» c’est parce qu’on attend de lui cette chose unique, même si elle est imitable. Donc toutes mes couches satisfassent à deux choses, après la préparation, je commence par créer ce qu’on appelle l’Adn de l’œuvre et ensuite sous plusieurs formes, il y a neuf couches qui se superposent pour faire une œuvre. Maintenant, du point de vue technique, vous pouvez voir que j’ai utilisé d’huile de palme, des graines de mil pour faire du granulé. Il y a aussi le principe des neuf couches, pour rester dans la conception de l’homme, je pense être le seul à le faire. Et naturellement, mon dada, et ça, c’est pour les génies des Iles. Ces génies des Iles sont mes maîtresses. Pour leur faire plaisir, à partir de la troisième couche, de chacune de mes œuvres, je prends beaucoup de lait, et énormément de café que je jette sur la toile avant de poursuivre. Si on me demande je dis que je fais un « Ndeup ».

Source Thieydakar.com

Service Clientèle

Service Commercial

Publicité

Facebook