buildinadminSENTV.info : Monsieur Marone, chargé de mission du maire dans le domaine du partenariat avec l’extérieur, également technicien de l’hôtellerie s’est prêté aux questions de votre site préféré SENTV.info sur le fonctionnement de l’administration sénégalaise de manière générale.

Selon lui, cette dernière n’est pas configurée dans une dynamique économique.
Depuis la période électorale, la situation du pays est en berne, tout semble stagner d’après vous ?Pape Maronne
Cela ne devrait pas parce que l’administration ne doit pas s’arrêter de travailler avant ou pendant les élections. L’administration est configurée de sorte de qu’elle ne fonctionne que quand il y a un besoin politique. Elle n’est pas configurée dans une dynamique de développement. Si tel était le cas, elle ne s’arrêterait pas. D’ailleurs le président lui-même avait exhorté les ministres et directeurs généraux à sortir des bureaux et d’aller battre campagne sur le terrain. On ne peut pas mettre des gens dans les directions de haute portée économique et leur demander d’aller faire compagne. Donc ils n’ont pas le temps de voir les choses économiquement et techniquement. Pour le sénégalais l’administration ne constitue pas un outil de développement mais un outil d’aide publique ou d’assistance politique.
Nous avons hérité ça du colonialisme ; aujourd’hui nos administrations sont des administrations de commandement parce que du temps des colons ils n’avaient pas besoin que le Sénégal se développe. Ce qui les intéressait c’est d’avoir des gens à commander à faire travailler les populations de force. Ils avaient plus besoin d’une administration qui appauvrit les populations.
Qu’est ce qui est à l’origine de cela ?
Les critères de choix des agents de l’administration posent problème. Aujourd’hui les jeunes sont formés à toutes les spécialités. Mais on les laisse pour aller recruter leur clientèle politique. Une fois j’ai entendu dire le président Macky Sall dire qu’il a nommé son frère Aliou Sall à la caisse des dépôts et consignations parce qu’il avait une clientèle politique à entretenir.
C’est la même chose dans les collectivités locales. C’est surtout de l’assistance qui engloutit presque la plus grande partie du budget des collectivités locales.
Quelle solution préconisez-vous ?
Il faut une volonté politique. Ceux qui gouvernent doivent prendre conscience qu’ils doivent changer les paradigmes. Ils doivent mettre réellement en œuvre leurs offres politiques pour permettre aux populations de s’épanouir politiquement socialement et économiquement. Cela suppose des personnes compétentes à la place qu’il faut et leur fixer des objectifs à court, moyen et long terme avec une évaluation en cours de mandat afin de sanctionner positivement ou négativement le travail effectué.
Comment envisagez-vous le second mandat de Maky Sall ?
Je suis sceptique. Mais, s’il a une intelligence politique, il peut y avoir des changements. Parce qu’il n’a pas fait tout ce qu’on attendait de lui pendant ces sept dernières années. Il a certes fait des réalisations mais un pays marche aussi avec des principes. Autant il doit faire des réalisations autant il doit poser des actes démocratiques ; droits de l’homme, sécurité intérieur. J’espère qu’avec ce mandat il va rétablir des équilibres. L’homme est au début et à la fin de tout processus de développement. C’est cet homme-là qu’il faut construire, lui donner la sécurité, lui donner l’assurance de vivre dans un espace de liberté.
Quoi qu’on dise ce pays est très pauvre car il fait partie des 25 pays les plus pauvres au monde. Notre plus grande richesse aujourd’hui c’est la paix sociale.
Il a une page à écrire dans l’histoire. Aujourd’hui il doit faire une introspection et corriger parce qu’il reste des choses à faire.
La commune de Saly a-t-elle une configuration politique à l’instar de l’administration ?
La particularité de Saly c’est d’abord une ville économique parce qu’elle abrite la première station balnéaire. Il y a un potentiel économique terrible à Saly ; donc il ne peut pas y avoir une dimension politique. Même si on essayait d’y mêler la politique ça ne marcherait pas. Il y a un bijou économique qui est là. La commune est venue après la station balnéaire. Mais quand l’administration locale est venue elle a compris qu’il y a un véritable joyau économique. Le maire a inscrit son action dans l’investissement économique pour donner un peu plus de valeur à ce qu’il a trouvé sur place. Il a eu cette intelligence. C’est pour celui qu’il n’a jamais voulu militer dans un parti, il a toujours travaillé avec les mouvements.
La Rédaction SENTV.info

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