samba sy travailEtat, patronat, syndicalistes et travailleurs sont en discussion depuis hier à Dakar. Objectif : trouver un consensus autour d’une nouvelle convention collective nationale interprofessionnelle. Ce, trente ans après la première convention qui date de 1982.

«Après bien des tentatives», selon le ministre du Travail, Samba Sy qui présidait, hier, l’ouverture des discussions, le Sénégal s’essaie à une nouvelle convention collective. L’objectif de cet accord est, d’après M. Sy, de renouveler le dispositif d’encadrement des relations professionnelles entre employeurs et travailleurs. En effet, souligne M. Sy, il faut un dialogue social de qualité. Pour lui, une convention collective permettra un meilleur encadrement des relations dans le monde du travail. Le lancement des discussions a enregistré la participation des syndicalistes. Donnant les raisons qui expliquent une nouvelle convention collective, Mody Guiro de la Cnts indique que c’est parce que le monde du travail a complètement changé avec l’apparition de nouveaux métiers. «Nous avons voulu que la convention collective nationale cadre avec le Code du travail qui a été révisé en 1997 pour que nous puissions prendre en compte certaines évolutions», souligne M. Guiro. Ce dernier indique que le rôle de la convention est de faire en sorte que les droits et obligations soient clairement définis pour compléter le code du travail. «La convention vient éclaircir certaines questions. Notamment la répartition de la journée du travail, les heures supplémentaires, les primes, ce qu’il faut en cas de maladie…», illustre-t-il.

Il précise qu’il y a des secteurs qui n’ont pas de convention collective. La nouvelle va donc servir de cadre de référence à cette catégorie d’entreprises ou de travailleurs.

Après la convention collective nationale interprofessionnelle, il y aura, à côté, des conventions collectives sectorielles. D’après Guiro, il y aura possibilité de négocier sur la base de la convention nationale.

Le patronat, par la voix de Charles Faye du Cnp, rappelle qu’il y a eu une première mouture de la convention qui a été étalée de 1978 à 1982, bien avant le Code du travail de 1997. Il confirme qu’il fallait ce document par rapport aux réalités du terrain. A l’en croire, le nouveau sera un outil de gestion à la disposition des employeurs et travailleurs et qu’un consensus fort est attendu.

Innocence Ntap Ndiaye, présidente du Haut conseil du dialogue social (Hcds), a rappelé que des concertations ont été entamées en 2009 par le Comité du dialogue social et en 2016 par le Haut conseil du dialogue social sur la Convention collective interprofessionnelle. Elles ont débouché sur une commission mixte paritaire qui a réfléchi sur la convention collective interprofessionnelle. De l’avis de Mme Ndiaye, il y a un plaidoyer pour les secteurs qui n’en disposent pas. Il s’agit d’adapter la convention au niveau sectoriel. Mme Ndiaye espère que la nouvelle convention collective verra le jour avant fin 2018 pour qu’elle puisse être prise en compte dans le Plan d’action prioritaire 2019-2023. 

LE PATRON DE LA CNTS PRECISE «La convention ne fixe pas les salaires»

La précision est de taille. Les conventions collectives n’ont pas, pour le moment, vocation à fixer les salaires. Pour l’instant, d’après le patron de la Cnts, la première chose sera de discuter des droits et principes. «Après, on pourra avancer vers les annexes et classifications qui définissent les postes et salaires», dit-il. E. DASYLVA

Légende : Après trois décennies d’application, la convention collective a besoin de s’adapter aux nouvelles réalités du monde du travail.

Emile DASYLVA

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