Balla gri bordoLe 31 mars dernier, votre site d’investigation Thieysenegal.com, s’interrogeait sur les manquements liés à la diffusion en streaming du combat opposant Balla Gaye 2 à Gris Bordeaux. Dans ce dossier, Thieysenegal.com fait une analyse de cette innovation de taille qui a mis en grogne des milliers d’amateurs du sport national.

Selon Mountaga Cisse, consultant, bloggeur et formateur en nouveaux médias, Luc Nicolaï et ses collaborateurs ont le mérite d’avoir été les premiers au Sénégal et dans la sous-région et peut-être même en Afrique à avoir proposé ce type de service. Pour lui, ce combat était l’occasion pour le promoteur Luc Nicolaï et ses collaborateurs d’apporter une grande innovation dans la diffusion d’événements vers le public.

Mais il a raté le coche. En effet explique l’expert que nous avons joint au téléphone, pour la première fois au Sénégal, une retransmission en direct sur Internet a dépassé les cent mille (100 000) vues simultanées, c’est-à-dire cent mille personnes qui regardent en même temps un même flux. « Ce qui est important à noter et que ces cent mille vues simultanées ne provenaient pas de la diffusion Pay-per-view du promoteur via son site ballagris.com mais plutôt de Youtube. Oui, ils ont été nombreux, ceux qui ont contourné la plateforme ballagris.com en passant par Youtube et Facebook. Une faille du système qui constitue un gros manque à gagner pour Luc Nicolaï & Co », note-t-il. Plusieurs chaînes Youtube, profils et pages Facebook ont diffusé en direct le combat de lutte. « Ils l’ont fait certes de façon illégale mais ils ont eu le mérite d’avoir proposé une alternative face à un système de diffusion exclusif et que le promoteur jugeait assez sécurisé pour ne pas être “piratable” aussi facilement », a confié M. Cisse. Selon lui, la première erreur qu’a commise Luc Nicolaï a été de proposer un canal unique et exclusif pour la diffusion de son évènement. « J’ai eu à le dire et à le répéter, une technologie on ne l’impose pas, on la propose à un échantillon, ensuite l’étendre progressivement en tenant en compte les feedbacks et correctifs proposés. Cette décision est également injuste parce que le consommateur a besoin d’alternative(s) pour faire son choix en fonction de ses moyens et du résultat qu’il veut obtenir », explique-t-il. D’après Mountaga Cisse, le Pay-per-view est une bonne solution, économiquement rentable. Mais indique-t-il, celui dont on parle aux USA doit sa notoriété au câble. Les abonnés aux réseaux de télévisions par câble, qui ont donc toute l’infrastructure déjà fonctionnelle chez eux, captent la chaîne qui diffuse l’événement pour lequel ils ont payé et c’est tout. Il a entre autres relevé les limites des internautes. « La lutte est un sport qui cible la masse. Or, cette masse pour la majorité a une maîtrise limitée de certaines technologies. Je juge la procédure, allant de l’achat du “pass” via un point de paiement jusqu’à l’ouverture de la page du site avec un code validé, très compliqué. Tout le monde ne sait pas le faire, malgré les explications et tutoriels. En matière de services, dès que c’est compliqué, le client abandonne », analyse-t-il. La qualité de la vidéo, on en passe.
Enfin, le bloggeur met l’accent sur la relation client désastreuse. Selon lui, le client qui a payé exige une qualité de service. En effet, explique-t-il, chaque utilisateur a d’abord payé un “pass” à 1 500 FCFA ou 3,99 €, ensuite une connexion à Internet. Le client qui a payé un service doit en retour obtenir ce pourquoi il a payé ce service. S’il ne l’obtient pas, cela veut dire que la part du contrat n’a pas été respectée d’un côté. Les gens ont déboursé de l’argent et une grande partie d’entre eux n’est pas satisfaite, ce qui pourrait avoir des conséquences judiciaires ou simplement la chute de la crédibilité de celui qui leur a vendu ce service.
Source : Thieysenegal.com

 

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