pit ibrahimasene 4Je ne peux pas encore parler de l’adéquation de ce Tome 1 avec la pratique politique vécue telle qu’elle est mise en œuvre par le Président Macky Sall, pour la simple raison que je l’ai pas encore à ma disposition, ni sur sa pertinence en tant qu’outil de référence pour apprécier la signification et la portée de la « Vision Républicaine du Président Macky Sall.

Par contre, pour ce que j’en ai compris lors de la présentation du Tome 1, J’ai eu, par contre, l’impression, lors de cette cérémonie, du « déjà vécu » sous Wade, avec la mobilisation d’intellectuels de haut niveau, sénégalais, africains, et Français, autour de la « Wade formula », qui n’a pas survécu à sa perte du pouvoir.

Ni Wade, encore moins, aucun économiste de renom, qui pourtant avait porté au pinacle cette « Wade formula », n’en parle plus, malgré les milliards de ressources publiques dépensés par Wade pour en faire la promotion.

Ce que je crains d’arriver au Président Macky Sall, s’il ne prend pas garde dès maintenant, c’est de vivre, une fois qu’il quitte le pouvoir, cette humiliation parmi les économistes du monde entier, connue par Wade, avec sa « Wade formula ».

La perte du pouvoir de Wade n’est pas consécutive du peu de crédit porté à sa « Wade formula » qui n’avait rien à voir avec sa politique économique et les problèmes de transparence et d’équité républicaine et sociale de son exercice du pouvoir, qui ont servi de référence à notre peuple pour décider de son destin en 2012.

Il n’est donc pas vrai que c’est de l’accueil réservé à ces 4 Tomes, que dépendra l’appréciation des électeurs sénégalais de sa « vision républicaine ».

Mais, il n’en demeure pas moins, que ces Tomes, peuvent mobiliser ou démobiliser BBY, s’ils ne reflètent pas fidèlement l’appréciation de ces politiques publiques, comme l’expression d’une vision partagée, mais comme une vision exclusive et unilatérale du Président de la République Macky Sall.

Une telle approche, que je qualifie de « laudatrice », a contribué à isoler Wade de toutes les forces républicaines et démocrates, jusque dans sa mouvance politique, qui l’ont porté au pouvoir en 2000.

Jusqu’ici, le Président Macky Sall, contrairement à Wade, a réussi à éviter de tomber dans ce piège narcissiste, en parvenant à conserver et renforcer, et même élargir, la coalition qui l’a porté au pouvoir en Mars 2012.

Pour qu’il en soit ainsi, c’est parce qu’il est un homme « progressiste », et « pragmatique », contrairement à Wade qui s’est avéré, une fois au pouvoir, être partisan d’un « despotisme éclairé », et étroitement « partisan et iconoclaste ».

Macky s’est ainsi présenté et s’est assumé en « progressiste pragmatique » faisant de la « réforme consolidente », l’outil principal de sa gouvernance.

C’est à l’aune de cela, qu’il faut comprendre son approche pacifique, prudente, et de dialogue national, dans la mise en œuvre des recommandations de la « Charte de Bonne gouvernance » des Assises nationales, en ayant comme repère, le couple dialectique « réforme- stabilité ».

Ainsi, il matérialise dans cette approche pragmatique, l’adage populaire qui veut que « toute réforme sans stabilité est nuisible, et toute stabilité qui empêche des réformes est exécrable » !

Avec cette approche, le Président Macky Sall incarne notre culture de « dialogue et de compromis » pour avancer pacifiquement vers le progrès.

C’est cela le secret de la survivance de BBY et de la stabilité du pays, qui lui ont permis de faire acquérir au peuple, des avancées sans précédent, en termes de démocratie, de transparence dans la gestion de la Chose publique, de justice sociale et territoriale, et de jouer un rôle de plus en plus important dans notre sous-région, en Afrique et dans le monde.

Ainsi, il est nécessaire de lire la pratique politique de Macky, plutôt , à l’aune de la diversité des composantes politiques et idéologiques qui constituent la majorité présidentielle, qu’à l’aune étroite de sa vision personnelle, véhiculée par des « obligés » et autres « laudateurs », à la recherche de positions et de privilèges, que lui seul peut prodiguer.

Une telle approche a fait le lit à Diouf et à Wade.

Le Président Macky Sall, a, jusque –là, a su éviter de tomber sous le charme des sirènes pour faire imploser BBY, pour gouverner seul avec le Président Macky Sall, et qui, aujourd’hui, veulent lui faire croire qu’ils peuvent, en 2019, ré- éditer le succès historique de Macky 2012 et de l’APR.

Par conséquent, il devrait continuer à être suffisamment vigilent pour ne pas perdre le cap de la cohésion de BBY.

Ce Cap est la seule voie, mais qui nécessite la prise de mesures appropriées pour le renforcement des capacités de BBY à défendre notre bilan, et à donner, pour l’avenir, l’assurance à notre peuple, de plus de progrès dans l’acquisition des libertés démocratiques individuelles et collectives, de plus de justice sociale et territoriale, de plus de cohésion nationale et sociale, et de plus d’engagement dans la réalisation de l’intégration sous-régionale dans le cadre de la CEDEAO, et dans l’Unité Africaine, sans lesquelles, toute indépendance de nos Etats , pris individuellement, n’est que factice , et que toute stabilité et paix dans les pays de la sous-région, ne peuvent pas être durables.

Ainsi, les réalisations du Président Macky Sall durant son premier mandat, ne sont pas réductibles à sa propre « vision républicaine », mais reflètent bien, la capacité que cette vision lui donne, à tirer des rapports de forces politiques, et dans la société, dans la sous-région et dans le monde, le meilleur pour notre peuple et pour notre pays, dans ce monde en pleine crise économique, sociale, culturelle et sociétale.

C’est cette capacité qui reflète son pragmatisme qui a fait de lui un « homme politique de son pays et de son temps ».

Cette approche est contraire à celle qui le présente en « homme idéologiquement dogmatique », commis à transformer notre peuple en fonction de son idéologie, baptisée « libérale sociale », qui est présentée sous forme de « vision républicaine ».

En effet, les réalisations du Président Macky Sall durant son premier mandat, sont allées au- delà du « Libéralisme social » qui consiste à corriger les inégalités nées des politiques libérales par des politiques sociales comme le PUDC, La CMU, le Plan Sésame, la gratuité des soins des enfants de moins de cinq ans, la gratuité de la Césarienne, les branchements sociaux à l’eau et à l’égout, les Bourses familiales, etc , etc…

Il faudrait aussi tenir en compte, qu’il n’ a pas hésité à modifier en faveur du Travail, le rapport « Capital/ Travail » à travers la « Réforme de la Fiscalité sur les revenus », la « Baisse unilatérale des loyers à usage d’habitation », et « l’Administration des prix des denrées et services de consommation courant », à la place de la « Loi du marché », tout en optant pour la réduction de la précarité du Travail, à travers son refus de réformer le recours limité dans le temps au CDD, et ‘étendre cette limitation à l’apprentissage, et au stage, pour continuer à faire du Contrat à durée indéterminée, la règle en matière de contrat de Travail, dans le Secteur privé formel de notre Economie.

En outre, il a jeté les bases de la « Démocratie citoyenne » dans le Cadre de l’Acte 3 de la Décentralisation, à travers « l’Article 83 du Code des Collectivités locales » qui stipule : « Des citoyens ou représentants d’associations de quartier ou de village peuvent se constituer en Conseil Consultatif. Ces Conseils sont consultés par le Maire et peuvent faire des propositions sur tout dossier intéressant le quartier et le village ».

Cet approfondissement de notre « Démocratie républicaine héritée depuis l’époque coloniale, instaure le « Contrôle citoyen » dans « l’affectation ou la désaffectation des Terres du Domaine national » qui sont désormais soumises autant au Contrôle d’approbation du Sous- Préfet ou du Préfet, autantau « Contrôle d’acceptation des citoyens concernés ».

Tout cela n’aurait pas été possible sans le « pragmatisme et le réformisme progressiste »dont a fait preuve le Président Macky Sall durant son mandat, grâce à sa « vision républicaine ».

C’est cela qui donne espoir qu’un second mandat lui permettrait à notre peuple et à notre pays, de faire de nouvelles avancées significatives vers plusde progrès dans l’édification de notre République démocratique, laïque et citoyenne, de justice sociale, et de réalisation de l’intégration sous-régionale dans le cadre de la CEDEAO.

Ibrahima SENE PIT/SENEGAL

Dakar le 26 Mai 2018

 

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